pollen

LE POLLEN

Le pollen est pour les abeilles un élément nutritif indispensable car il représente le seul apport en protéines nécessaire à l'élevage du couvain..

Avant de partir butiner et chercher du pollen, l'abeille se gorge de miel prélevé dans la ruche.

 

L'abeille travaille vigoureusement les anthères des fleurs à l'aide de ses pattes antérieures et de ses pièces buccales. L'abeille s'élève alors au dessus de la fleur et se brosse méthodiquement le corps couvert de pollen à l'aide de ses pattes antérieures et médianes. La première paire de pattes nettoie aussi le proboscis en prélevant du nectar riche en lactoferments provenant de la ruche, à proximité du couvain. Ce nectar régurgité sert à compacter la pelote de pollen. Le pollen est alors transféré de la deuxième paire de pattes aux brosses situées sur la face interne de la troisième paire de pattes. Le peigne de chaque patte de cette paire vient racler la brosse de la patte opposée, le pollen s'accumulant autour du single hair dans la corbeille, au dessus des peignes. L'abeille retourne alors à la ruche pour s'accrocher à une cellule à pollen grâce à sa première paire de patte et décroche la pelote d'un mouvement de sa deuxième et troisième paires de pattes.

 

N'oublions pas qu'une pelote de pollen représente la visite à plus de 300 fleurs pour une abeille.

 

Une pelote de pollen pèse environ 0,006 g. L'ouvrière en transporte 2 à la fois, soit 0,012 g. par abeille. Dans une bonne colonie, il y a environ 400 ouvrières qui rentrent avec du pollen chaque heure. Les entrées sont plus importantes en matinée que l'après-midi. On peut donc estimer à 50 g. la quantité de pollen qui entre chaque jour dans une ruche.

La récolte du pollen est une opération délicate qui doit être suivie avec attention. Le pollen sera récolté lorsque l'apport est important, c'est-à-dire par une journée de printemps chaude, à partir d'une ruche forte, où la population est importante, afin de diminuer les impacts négatifs sur la ruche.

 

 

Le matériel nécessaire est un piège à pollen, essentiellement constitué d'une boite comprenant un tiroir, une grille amovible, un tamis et un tiroir de récolte des pelotes de pollen.

 

Le mécanisme ingénieux mais simple consiste à obliger les abeilles à passer aux travers d'une grille dont chaque trou permet le passage d'une abeille mais pas des pelotes de pollen accrochées aux pattes. Les abeilles sont délestées de leur fardeau à leur passage au travers de la grille. Les petites pelotes de pollen passent alors au travers du tamis servant à empêcher les déchets de la ruche de se mélanger à la récolte, pour venir remplir le tiroir de récolte..

 

La récolte de pollen ne pourra s'effectuer qu'une demi journée à la fois et en rotation sur les ruches les plus fortes car d'une part n'oublions pas que la ruche doit avoir un apport quotidien en pollen, car seule source de protéines pour le couvain, et d'autre part, les abeilles finissent au bout de quelques heures par trouver une manière de se faufiler pour quand même conserver le pollen qu'elles ramènent.

 

Je procède en fait comme suit: la veille de la récolte, je choisit une ruche forte et place le piège à pollen en prenant soin de mettre la grille en place. Il est indiqué d'effectuer cette opération le soir lorsque les abeilles ont regagné la ruche. Le lendemain midi, il conviendra d'ouvrir le piège à pollen en faisant glisser la grille pour permettre l'approvisionnement de la ruche en pollen. Je veille aussi à ne pas couper d'abeille en deux lors de cette opération pour les raisons suivantes:

 

J'ai besoin d'un nombre maximum d'abeilles

Je n'aime pas tuer les abeilles

la mort d'un membre de la ruche libère les phéromones d'attaque avertissant les autres membres de la ruche d'un danger imminent

Je vide ensuite le pollen dans un récipient hermétique. Le soir du même jour je referme la grille pour la récolte de la demi journée suivante, avec cette même ruche pour obtenir deux récoltes.

 

Le soir du deuxième jour, je fixe le piège à pollen sur une autre ruche, toujours le soir par commodité car les abeilles sont rentrées. Toutes ces opérations s'effectuent avec calme et précision en évitant bruit, tumulte ou choc dérangeant la ruche.

 

Si le manque de disponibilité ne permet pas de fermer les grilles le midi, on opère le week-end, à raison d'une ou plusieurs ruches par week-end. Je place les pièges à pollen le vendredi soir. Il est nécessaire disposer d'un piège à pollen par ruche à traiter en même temps.

 

Ne laissez pas les pièges à pollen en place plus que nécessaire.

 

e pollen peut se conserver au surgélateur dans un récipient bien hermétique. Cette méthode est généralement utilisée par les apiculteurs pour leur consommation personnelle.

 

La méthode habituelle est de sécher le pollen pour permettre un usage plus commode par le consommateur. Ceci se fait par séchage à 35 °C pendant une nuit. Néanmoins, il a été montré que le pollen séché perd une partie de ses propriétés, notamment ses bactéries et enzymes.

 

C'est donc dès la récolte que le pollen est ensemencé en bactéries (de 5 à 8 ferments) et en levures (3 levures). Ceci est destiné à protéger le pollen de toute putréfaction. Ces bactéries sont conservées si le pollen est congelé. Par contre, le séchage du pollen les détruit pratiquement complètement.

 

Ces bactéries sont capables de combattre les bactéries pathogènes de la flore intestinale humaine. Ceci n'a pu être observé qu'avec du pollen frais ou congelé et non avec du pollen séché.

 

Le pollen frais ou congelé permet de conserver également les enzymes de la pollinisation intacts. Ce qui n'est pas le cas du pollen séché.

La composition du pollen peut varier fortement en fonction des fleurs que les abeilles butinent. Une composition moyenne est présentée dans le graphique.

 

Les ingrédients qui le constituent sont les protéines, les lipides, les glucides, les minéraux et des substances diverses.

LES PROTEINES

Le pollen des fleurs butinées par les insectes est plus riche que celui qui sert à une pollinisation par le vent.

 

Les protéines constituent près d'un quart de la masse du pollen, fournissent une quantité significative d'acides aminés.

 

Selon la provenance du pollen, la teneur peut varier de 11 à 35%. La teneur varie également en fonction des conditions climatiques, des caractéristiques du sol où poussent les plantes et de la saison.

 

Par exemple, la teneur en protéine du pollen de maïs varie de 21,28 à 26,08%; celle du pollen de tournesol de 27,61 à 29,14%.

LES ACIDES ANIMES

Le pollen contient également des acides aminés (exprimé en % du poids sec total):

 

arginine: de 4,4 à 5,7 %

histidine: de 2,0 à 3,5 %

isoleucine: de 4,5 à 5,8 %

leucine: de 6,7 à 7,5 %

lysine: de 5,9 à 7,0 %

méthionine: de 1,7 à 2,4 %

phénaylalanine: de 3,7 à 4,4 %

thréonine: de 2,3 à 4,0 %

tryptophane: de 1,2 à 1,6 %

valine: de 5,5 à 6,0 %

LES GLUCIDES

Les glucides, essentiellement des fructoses et des saccharoses, sont présents en quantités variables et proviennent principalement du nectar que les abeilles utilisent pour rassembler les grains de pollen en pelotes.

 

Le pollen contient entre 20 et 40% de sucres réducteurs (glucose, fructose, maltose). Il contient entre 0 et 20% de sucres non réducteurs (saccharose).

LES LIPIDES

Les lipides n'interviennent entre 1 et 20%, dont une grande partie d'acides gras essentiels.

LES AUTRES SUBSTANCES

Les éléments divers constituent seulement 3% du pollen.

LES VITAMINES

On y retrouve de nombreuses vitamines:

 

A: présence

B1: de 5,75 à 10,80 mg

B2: de 16,30 à 19,20 mg

B5: de 3,00 à 51,00 mg

B6: de 0 à 9,00 mg

B8: de 0,10 à 0,25 mg

B9: de 3,40 à 6,80 mg

B12: présence

C: de 152 à 640 mg

D: de 0,20 à 0,60 mg

E: de 0,10 à 0,32 mg

La teneur en vitamines dépend de l'origine florale du pollen.

 

Par exemple, la teneur en vitamine A est de:

 

1,0% dans le pollen de pommier

1,2% dans le pollen de l'angélique officinale

1,3% dans le pollen du sarrasin des champs

La teneur en vitamine B2 est de:

 

1,5% dans le pollen du robinier

1,6% dans le pollen du sarrasin des champs

1,8% dans le pollen de pommier

2,1% dans le pollen d'angélique officinale

2,3% dans le pollen d'aegopode

LES MINERAUX

Le pollen contient également des minéraux et oligo-élements (exprimé en % des cendres):

 

potassium: de 20,00 à 45,00%

magnésium: de 1,00 à 12,00%

calcium: de 1,00 à 15,00%

cuivre: de 0,05 à 0,08%

fer: de 0,01 à 0,30%

silicium: de 2,00 à 10,00%

phosphore: de 1,00 à 20,00%

soufre: 1,00%

chlore: 0,80%

manganèse: 1,40%

On y retrouve aussi en quantité substantielle un antioxydant très rare: le sélénium.

 

On y trouve aussi des enzymes, coenzymes, stérols, flavonoïdes, des substances bactériostatiques et de croissance, des pigments, des arômes et des huiles volatiles.

Le pollen est tonique, stimulant, dynamisant et est un rééquilibrant fonctionnel.

 

Il est utilisé principalement dans les états de fatigue, pour les problèmes gastro-entérologiques et génito-urinaires.

 

 

La maladie de Crohn se caractérise par une inflammation du système digestif. Il a été noté et expérimenté que le pollen frais ou congelé diminue l'état inflammatoire et les lésions qui en découlent. S'il est peu raisonnable de vouloir remplacer les médicaments par le pollen, on peut toutefois suggérer que les personnes souffrant de la maladie de Crohn consomment régulièrement du pollen pour un certain mieux être. Ceci est probablement dû aux ferments lactiques et aux caroténoïdes présents dans le pollen frais ou congelé (et non dans le pollen sec). Il semble, en outre, que l'efficacité du pollen soit plus grande s'il est accompagné de fruits et/ou de légumes (ceux qui sont aisément tolérés bien sûr).

 

Le pollen aide également à régulariser le transit intestinal dans le cas de constipation chronique, sans toutefois avoir d'effet laxatif.

 

Il a également été observé que le pollen a une action bénéfique sur la prostate (notamment l'hypertrophie bénigne et prévention du cancer de la prostate). Il peut être pris au titre de la prévention ou en accompagnement nutritionnel des médicaments.

 

De même chez la femme, le pollen couplé à une alimentation plus saine peut aider à prévenir le cancer du sein.

 

Le pollen est également recommandé dans la prévention de l'ostéoporose. S'il n'augmente pas de manière importante la fixation du calcium, il empêche par contre de le perdre par un stress oxydant. Il ne faut pas pour autant perdre de vue qu'il faut soigner son hygiène de vie et notamment faire de l'exercice.

 

Sa teneur en pro-vitamine A lui confère également un rôle de protection contre le vieillissement de l'œil (dégénérescence maculaire liée à l'âge et la cataracte).

 

Un rôle de protection contre les maladies cardio-vasculaires est également fort probable.

PROPRIETES DU POLLEN DES ABEILLES

Le pollen des fleurs ne peut tenir aux pattes des abeilles tout seul. C'est la raison pour laquelle les abeilles le triture et ajoutent une substance en provenance des glandes pharyngiennes. Ceci permet de former des pelotes de pollen qu'elles peuvent transporter à leurs pattes.

 

La substance ajoutée par les abeilles confère au pollen ses activités antibactériennes.

 

Les chercheurs Dustman et Guns ont démontré que le pollen des abeilles a une action antibactérienne sur le Staphilococcus aureus et le Bacillum alvei. Ceci n'a pas été constaté avec du pollen prélevé directement sur les fleurs. D'autres chercheurs ont trouvé une activité antibiotique vis-à-vis de diverses souches: Salmonnella, Escherichia coli, Proteus, B. subtilis, B. pycocyaneus.

 

Les chercheurs ont également montré que le facteur antibiotique est stable à la chaleur. Il peut être extrait par l'éther, l'alcool ou de l'eau bouillante.

Le pollen se consomme tel quel. Toutefois, si le goût amer rebute un peu, on peut le mélanger avec un peu de miel ou de sucre.

 

Une dose quotidienne de 20 g. par jour pour un adulte semble adéquate. Pour les enfants, une dose de 5 voire 2,5 g. semble plus adéquate.

 

Des doses excessives de pollen peuvent surcharger le foie..